Catégorie : Techniques

  • La frênette

    Le Frêne est utile pour beaucoup de choses, je développerai un article sur ses vertus et ses usages un peu plus tard.
    Ce qui m’intéresse de partager avec vous aujourd’hui, c’est cette boisson traditionnelle du Massif Central, qui est une fermentation de feuilles de Frêne.

    Je vous parle de ça parce que j’avais à élaguer un Frêne dont une branche était prête à casser ; le vent l’aurait arrachée et certainement une vilaine blessure serait apparue. Avec les risques de mauvaise cicatrisation que cela entraîne, les infections, etc. Comme pour nous, finalement.
    J’ai donc coupé proprement cette branche très feuillue, et j’ai décidé de faire de la frênette avec ses feuilles.

    J’ai trié les feuilles, c’est-à-dire que j’ai enlevé les folioles douteuses (tachées, crottées, sèches, noires…) et aussi les branches et pétioles. Pour rappel, les folioles sont les petites feuilles composant la grande feuille du Frêne, et les pétioles sont les « tiges » des feuilles.

    Ensuite j’ai haché les feuilles puis les ai mises dans un faitout en inox (ne prenez pas d’autre métal, car les tanins de la feuille de Frêne l’attaqueraient), et enfin les ai recouvertes d’eau de source à température ambiante.
    Couvercle fermé, j’ai « oublié » le faitout 3 jours dans l’obscurité et à température ambiante.

    3 jours plus tard, j’ai filtré la préparation, qui est devenue épaisse comme un sirop avec quelques bulles de fermentation. L’odeur est acidulée, douce et fruitée. J’ai ajouté environ 1/3 de sucre de canne blond bio.

    Parce que je trouve la frênette trop douce à mon goût, et donc pour éviter qu’elle ne me soit écœurante, j’ai ajouté du raisin juste mûr de chez mon voisin (3 grappes pour mon bocal de 1,5l). L’an dernier je l’ai « aromatisée » avec des mûres qui étaient trop acides pour être mangées.

    J’ai bien écrasé le raisin à a fourchette pour exprimer son jus.

    J’ai versé le raisin et son jus dans le bocal de frênette.
    « J’oublie » de nouveau le bocal bien fermé à l’abri de la lumière, à température ambiante 2 à 3 jours.
    Attention de ne pas trop remplir le bocal, car la fermentation entraîne une montée en pression et s’il est trop rempli, le contenu va déborder.
    On peut remuer délicatement le bocal chaque jour pour que le raisin soit bien mélangé, et regarder si une « mousse » ou des bulles (ou les deux) apparaissent.
    Quand on estime que la boisson est assez bulleuse, on fait une nouvelle filtration (attention à l’ouverture du bocal, la pression va faire sortir le liquide), puis on met la frênette aromatisée au frigo quelques heures.
    On peut la déguster pendant plusieurs jours, elle va continuer à fermenter, mais moins car elle sera au froid. Le goût va évoluer, devenir plus piquant, plus acide, peut-être moins plaisant pour certaines personnes… A vous de tester !

    Je vous souhaite une bonne dégustation et vous invite à m’envoyer vos avis et recettes personnelles en commentaires !

    🌿 🌿 Merci à Guy Lalière, mon Maître ès recettes sauvages, de m’avoir initiée à cette fermentation bien sympathique que j’ai adoptée depuis ! 🌿 🌿

    PS : Évitez de boire la frênette le soir… Elle est diurétique !

  • Préparer l’hivernage des auxiliaires au jardin

    La fin de l’été est proche, les enfants sont rentrés à l’école… Et il y a aussi du travail au jardin pour préparer l’hivernage des petits auxiliaires du jardinier et de l’herboriste 🌿🌸

    Je vous parle aujourd’hui des haies sèches, des tas de feuilles et de branchages… Autant de lieux propices à la nidation et à l’hivernage des animaux qui nous aident au jardin.

    • Les tas de feuilles et de branchages

    Tout simplement au pied d’un arbre comme ci-dessus, il suffit de poser votre tas de feuilles recouvert de branchages pour éviter que les feuilles ne s’envolent au premier vent. Pensez à « creuser » une entrée plein Sud ou plein Ouest pour que le petit protégé (en général, un hérisson) puisse entrer et sortir sans avoir froid.

    Au pied d’un mur, si possible dans un angle plein Sud, Sud-Ouest ou Ouest, on creuse un peu la terre…

    … On y pose les feuillages, on prévoit une entrée creusée dans le sol…

    … On recouvre de branchages feuillés en laissant l’entrée libre…

    Et on ajoute branches, mousses, herbes pour assurer une bonne isolation.
    La location est prête ! Il ne reste plus qu’à poser le panneau « À louer pour l’hiver » ! 😁

    • La haie sèche

    Elle demande plus de technique, mais elle abrite aussi beaucoup plus d’habitants : Champignons, Fougères, Mousses, Lichens, Ronce, Liseron, Bryone, Insectes (Il y a dans ma haie sèche une Mante religieuse de toute beauté que vous pouvez retrouver sur l’article Les animaux près de Nature Gévaudan, mais aussi des bourdons, Fourmis, Abeilles…), Araignées, Mammifères (Loir, Mulot, Hermine, Martre, Renard…), Oiseaux (Pouillot véloce, Passereau, Geai…).

    Pour commencer, il faut choisir le bon emplacement : près des ressources, donc près des arbres et arbustes à tailler, des endroits à faucher ou à moissonner.
    J’ai choisi d’en mettre une sur le terrain Nord-Nord-Ouest, en plein soleil, en demi-cercle. Cette forme me plaît beaucoup, car elle me fait penser à un cocon. Elle s’ouvre sur un joli panorama plein Est, sur les Monts de l’Ardèche (le Mézenc, notamment). Les habitants de la haie ne s’en soucient certainement pas…! 😁 Pour l’herboriste que je suis, en revanche, c’est un plaisir renouvelé que ce demi-cercle de branchages et de feuilles s’ouvrant sur un tel paysage.

    En mai 2025, j’ai commencé par mettre des piquets 2 par 2 tout le long de mon demi-cercle. J’ai ensuite posé les branches que j’avais ramassées dans le terrain entre les piquets. Au fur et à mesure des tailles, fauches, désherbages, j’ai ajouté cette matière par-dessus, en tressant grossièrement les branches les plus souples pour consolider le tout.

    Aujourd’hui voici ce qu’est devenue la haie, avec son nouvel apport de feuillages de Frênes élevés, Orties, Sureaux noirs et Rhumex, entre autres plantes. Il faudra renouveler certains piquets, qui ont pâti de l’automne 2025 très pluvieux, ce qui sera fait dans l’automne 2026.
    La haie s’est tassée ; en bas les décomposeurs détritivores et xylophages ont déjà transformé une partie de la matière en humus, la partie basse paraît sèche alors que la partie haute plus récente est feuillée, verte et humide.

    Hormis son rôle d’abri, cette haie a un rôle écologique très important. Elle coupe la course du vent, empêche le ruissellement de l’eau de pluie de raviner le terrain et maintient l’humidité tout autour d’elle.
    Je pense en construire une autre en forme de L sur le terrain côté Est et Sud, pour protéger le massif d’aromatiques du jardin botanique, et sur le côté Sud près du potager pour couper le vent qui souffle de plus en plus fort l’été, asséchant dangereusement les cultures toutes jeunes.

    • Les tas de branches

    Celui-là est extrêmement simple à constituer, et va servir pour les Batraciens, Reptiles, Arachnides, Mollusques (il y a de magnifiques escargots de Bourgogne sur le terrain, visibles dans l’article Les animaux près de Nature Gévaudan).

    Pour mettre en place le tas, il faut préparer l’endroit, choisir les branches les plus droites, les effeuiller en enlevant les brindilles et les plus petites branches.

    Ici, j’ai choisi le haut du mur qui surplombe le gîte à hérissons. Il est bordé par des vieux parpaings très moches et piqués de métal que je veux cacher. Le tas de branches va servir de support à des plantes de muraille retombantes, comme le Pourpier, les Pervenches, le Lamier argenté, le Bugle rampant, la Cymbalaire des murailles, etc.

    J’ai ébranché de grosses branches de Frêne élevé, les ai coupées toutes à peu près à la même longueur, et les ai posées côte à côte sur le sol.

    La deuxième couche sera constituée de branches perpendiculaires aux premières, et ainsi de suite jusqu’à construire un mur de branches.

    Par-dessus ce mur, je mets de la terre, du substrat varié, mousses, lichens, terreau, copeaux, écorces… Il n’y a alors plus qu’à planter (semer ou repiquer) les végétaux souhaités. Dessous, les animaux à sang froid vont venir s’installer pour y passer l’hiver au chaud et l’été au frais !

    Je vous recommande le très bon livre de Gilles LEBLAIS chez Terre vivante, « Branchages et bois mort au jardin », qui coûte 15€ neuf et se trouve assez facilement d’occasion.

    Vous pouvez également lire les articles de Zoom Nature sur la biodiversité dans les haies sèches https://www.zoom-nature.fr/eloge-de-la-haie-seche-un-precieux-habitat-pour-le-vivant/ et dans le bois mort https://www.zoom-nature.fr/invertebres-du-bois-mort-la-communaute-des-saproxyliques-ch-1/

  • Macérations huileuses

    Pour fabriquer des baumes ou des lotions huileuses ayant une action spécifique sur la peau ou sur un organe, on peut mettre à macérer dans l’huile des plantes médicinales.

    J’ai choisi l’Achillée millefeuille pour ses actions sur les hématomes et les petites plaies.

    Macération d’Achillée millefeuille dans l’huile de tournesol

    J’ai aussi récolté la Matricaire discoïde pour la transformer en baume apaisant, pour la peau du visage par exemple, ou à appliquer sur le plexus solaire ou le ventre (elle est antispasmodique).

    Macération de Matricaire discoïde dans l’huile de tournesol

    La mise en macération est simple, il faut de l’huile qui supporte la chaleur (tournesol, olive), des plantes fraîches hâchées, un bocal et un couvercle de tissu ou non hermétique. On place les plantes dans le bocal, on ajoute l’huile, on referme avec le couvercle non hermétique (pour laisser échapper l’eau de condensation), puis on laisse macérer 3 semaines au soleil.

    Je proposerai les ateliers sur les macérations huileuses et leurs transformations en cosmétiques dès que j’aurai une salle pour en accueillir les participants. Je peux également venir chez vous faire ces ateliers, moyennant un supplément pour les frais de route.